Chroniques livres littéraires et culinaires

Comment je me suis mise à Souffrir

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… Je ne sais même pas comment introduire ça. En fait, je vais vous dire pourquoi j’écris ce post maintenant.
C’est @justineduhart aka fairyneverland qui m’a donné assez de courage pour le faire. Hier encore, je l’écoutais en instastory. Je lis ses post. Et j’ai eu un déclic.
Avant, j’avais trop peur de ce que les gens pourraient dire ou penser de moi. Les ragots. Les commentaires. Aujourd’hui je suis une autre personne et j’assume.

J’écris ce post parce que je pense ne pas être la seule à en avoir souffert; je pense à pleins d’ados, de gens et de personnes qui sont dans ma situation et qui aurait aimé parler de ça à quelqu’un.
Je pense à vous, à la manière dont je me suis libérée de ce poids. Je pense à vous, lecteurs, car vous pouvez retrouver peut-être une personne qui a connu la même souffrance que vous.
Alors je me lance et je vous écris, car on a tous une histoire, et je vais vous raconter la mienne.

La faiblesse est une force, qui arrive à faire de nous une meilleure personne.

  1. La souffrance, corps et âme

Je ne vais pas donner tous les détails, mais je vais vous dire comment ça a commencé.
Des disputes, de plus en plus souvent. Si avant c’était réconciliable, là ce n’était définitivement plus le cas.
Des passages à la maison, de moins en moins souvent. Des sms et appels téléphoniques: rare.
Des diners, sans grand intérêt. Des personnes déguisés en fantôme, prêts à fuir.
Des âmes vides, proche de moi.
Et surtout des disputes, des disputes, des disputes.

Une dispute. La pire de toute. 2 camps irréconciliables. Impardonnables. Destructeurs. Hostiles. Commandeur. Pacifiste. Dictateur. Fuitaire.

ET MOI, SPECTATEUR.

Choisir un camp? Inimaginable. Impensable.
Mais j’étais bel et bien spectateur. D’un massacre. D’une mascarade. De deux camps proches de moi.
Comment choisir? Comment faire? Pourquoi faire?

J’ai essayé de les aider, en vain. De comprendre ce qui n’allait pas. Comprendre le mal. Comprendre la forme. Comprendre pourquoi.
EN VAIN.
Alors j’ai sombré.

Je ne me suis pas rendu compte tout de suite que je sombrais.
Je sortais moins. Je mangeais moins. Je parlais moins avec mes amies. Je dormais plus. Je lisais plus. Je compensais plus.
Tout ça, c’était bien. Mais ça n’efface pas les bruits.
Les bruits dans ma tête. Les disputes. Les rages. Les haines. Les tristesses.
LA HAINE.

ALORS J’AI SOMBRÉ.

2. Sombrer

Je voulais absolument comprendre pourquoi. C’était devenu mon but ultime.
Comprendre pourquoi. Pour réparer. Pour reconstruire. Mais je n’y arrivais pas.
Et plus je n’y arrivais pas, plus je sombrais.
Je voyais cette haine, cette tristesse et ce bonheur autour de moi; je ne comprenais pas. Je ne comprenais plus rien.

Comment je fais pour sourire? Je pose un masque. Illimité par mes soins. Que je ne retire que dans ma chambre, pour pleurer.
Comment je fais pour pleurer en silence? C’est facile, il n’y a personne à la maison. Et donc personne pour m’entendre.
Comment je fais pour cacher mes émotions? Le sport, pour extérioriser ma souffrance. Courir, courir et courir. J’aime avoir mal.
Comment je fais pour jouer cette mascarade? C’est facile, tout le monde la joue. Obligée d’être de la partie.
Comment je fais pour entendre encore ces bruits dans ma tête? Très facile. Il y en a encore chez moi, à la maison.
Comment je fais pour souffrir encore? Tout le monde souffre. Je souffre. Mais on souffre plus que moi.
Comment je fais pour pleurer? Je ne pleure plus. On pleure à ma place. De plus en plus souvent. Là, je coule.

MOURIR. UNE FRACTION DE SECONDE.

J’étais déjà en reconstruction, mais j’ai vraiment touché le fond ce jour-là.
La seule fois où mon père m’a parlé comme une m****. De toute sa vie.
Mon père ne se met jamais en colère contre moi. Jamais. Il m’aime trop. Et je suis trop sweet.
Alors je peux comprendre que, post fête des mères, ça l’ait énervé. Pas mal même. Les camps.
Seulement personne n’était là. SAUF MOI.
Il a pété un câble. VRAIMENT.
Assez pour que je m’en souvienne encore, et probablement toute ma vie.
Assez pour que je re-pleure. Assez pour qu’il essaye de s’excuser, à sa manière.
Ça y est, je me déteste, je culpabilise, et je me noie.

MOURIR UNE FRACTION DE SECONDE.

« À quoi bon continuer, pour ça? Tout ça pour ça? La vie vaut vraiment la peine d’être vécue ? »
J’ai pensé ça une fraction de seconde. Un matin dans mon lit. J’ai pensé à me jeter par la fenêtre une fraction de seconde.
Je me suis demandé « qui » allait me regretter? « Qui » allait pleurer sur ma tombe? « Qui » allait comprendre ma souffrance?
J’ai hais ne pas trouver de réponse. Pour ma famille. Pour moi-même. Pour ma vie.
Le seul remède que j’ai trouvé, ce sont les paroles de ma psychologue, 1 an plus tôt.
Ces paroles qu’une étrangère a prononcé pour moi. Ces paroles qui ont allumé la lumière dans un tunnel.
Ces paroles que j’aurai voulu qu’on me dise plus tôt.
« Au final c’est vous qui souffrez, pas les autres. Pensez à vous. Ce n’est pas votre combat. »

Ce jour-là, j’ai pleuré tout ce que j’avais. Pour toutes les fois où j’avais ces bruits dans ma tête. Pour toutes les fois où je me suis détesté. Pour toutes les fois où j’ai sombré.
J’avais seulement pris mon téléphone, composé son numéro, exprimé ma souffrance, et pleuré. Elle m’a écouté.
Quand j’ai dû lui expliquer pourquoi je souffrais, j’ai pleuré. J’ai vidé mon sac. Et ça fait tellement du bien BORDEL.
On a parlé longtemps. J’ai encore ces nombreuses paroles dans ma tête. Ces conseils.

J’ai compris bien trop tard que ce n’était pas ma faute. Que je n’avais rien fait de mal. Que peut-être les 2 camps ne se réconcilieront jamais. À vie. Et que je devais l’accepter.
C’est dur à entendre. Ça fait mal. Mais c’est nécessaire. Parce que c’est réel. Parce que ça se passe dans ma vie. Et que je dois l’accepter.

 

3. La faiblesse est une force

Combien de plumes j’ai semé sur mon âme pour qu’il sombre?
Combien de pierre j’ai balancé sur mon coeur pour qu’il sombre?
Combien de fois je me suis fait mal?

JE SUIS FAIBLE, MAIS JE SUIS FORTE.
Aujourd’hui je vais beaucoup mieux, parce que j’ai pensé ça un jour. Et je continue à me le répéter sans cesse.
Il n’y a pas de mal à souffrir. Il n’y a pas de mal à pleurer. J’aurais juste voulu trouver une épaule sur laquelle pleurer.
L’épaule, c’est moi-même. J’ai arrêté de culpabiliser. J’ai arrêté de pleurer. J’ai arrêté de souffrir.
Je souris. Je pense à moi. C’est peut-être la phrase la plus c**** que j’ai jamais écrite, mais ça fait du bien. De penser qu’on existe, qu’on est là. Et que ma vie, c’est ma vie, pas celle des autres. Pas celle qu’on veut m’infliger.

Aujourd’hui j’arrive à penser à moi, parce que je suis debout. Je suis là. Et je me remercie chaque jour d’avoir survécu.
J’ai sombré, mais je me suis relevé. Comme une renaissance. Et c’est tout ce qui compte.

Si vous aussi vous êtes spectateur, sachez que je l’ai été. Sachez que j’ai souffert, mais que je me suis relevé.
Sachez que je vous comprends.

Les plumes sont magnifiques, elles ont un pouvoir magique.
Les pierres font mal, elles vous détruisent.
La souffrance est là, mais vous êtes plus fort que ça.

♥Bisous♥



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